{"id":100,"date":"2023-06-29T18:31:45","date_gmt":"2023-06-29T16:31:45","guid":{"rendered":"https:\/\/adpb36.fr\/?p=100"},"modified":"2023-06-30T19:09:25","modified_gmt":"2023-06-30T17:09:25","slug":"les-bienfaits-de-la-nature-sur-la-sante-globale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/2023\/06\/29\/les-bienfaits-de-la-nature-sur-la-sante-globale\/","title":{"rendered":"Les bienfaits de la nature sur la sant\u00e9 globale"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Voici un rapport r\u00e9dig\u00e9 pour le compte de la Soci\u00e9t\u00e9 des \u00e9tablissements de plein air du Qu\u00e9bec (S\u00e9paq) sur les bienfaits de la nature sur la sant\u00e9 globale, produit en collaboration avec l\u2019\u00e9quipe de l\u2019Observatoire de la pr\u00e9vention. &nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1. Introduction<\/strong><strong><\/strong><br>Tout au long de son \u00e9volution, l\u2019\u00eatre humain a toujours v\u00e9cu en \u00e9troite symbiose avec la nature&nbsp;qui l\u2019entoure, y puisant les ressources indispensables \u00e0 sa survie. La r\u00e9volution industrielle et les progr\u00e8s technologiques des derniers si\u00e8cles ont cependant transform\u00e9 en profondeur cette relation privil\u00e9gi\u00e9e de l\u2019homme avec son environnement naturel, notamment en entra\u00eenant une migration importante des populations des campagnes vers les villes. On estime que 54 % de la population mondiale habite pr\u00e9sentement dans les centres urbains, une proportion qui pourrait atteindre&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S0013935117303067?via%3Dihub\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">66 % d\u2019ici 2050<\/a>, et cette urbanisation croissante de la soci\u00e9t\u00e9 cause une diminution drastique de&nbsp;la quantit\u00e9 et la qualit\u00e9 des contacts avec la nature. Cette carence pourrait engendrer plusieurs cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur le bien-\u00eatre de la population, car une multitude d\u2019\u00e9tudes ont montr\u00e9&nbsp;que l\u2019interaction des humains avec la nature g\u00e9n\u00e8re plusieurs effets positifs sur la sant\u00e9, autant du point de vue physique que psychologique. Si les bienfaits de la nature sur la sant\u00e9 sont reconnus intuitivement par la plupart des gens, l\u2019int\u00e9r\u00eat des chercheurs et des professionnels de la sant\u00e9&nbsp;\u00e0 cet \u00e9gard a connu un engouement r\u00e9cent. En effet, au cours des six derni\u00e8res ann\u00e9es, un nombre impressionnant de documents scientifiques divers ont \u00e9t\u00e9 produits sur le sujet. La figure 1 illustre l\u2019\u00e9volution des publications scientifiques portant sur les bienfaits de la nature pour la sant\u00e9 humaine au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les bienfaits de la nature sur la sant\u00e9 globale (suite)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce rapport vise \u00e0 faire le point sur les connaissances actuelles en ce qui a trait aux effets&nbsp;de la nature sur la sant\u00e9 globale, c\u2019est-\u00e0-dire physique et psychologique, en tenant compte de la litt\u00e9rature scientifique. La perspective de ce rapport est de tenter d\u2019identifier les effets du milieu naturel, au-del\u00e0 des effets propres \u00e0 une activit\u00e9, par exemple une activit\u00e9 physique comme la course, qui serait pratiqu\u00e9e en nature vs en milieu urbain. Tous les bienfaits concernant la sant\u00e9 globale d\u2019un individu, tels que les bienfaits cognitifs, d\u00e9veloppementaux et comportementaux,&nbsp;ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme pertinents. Le rapport fait \u00e9galement \u00e9tat des informations pertinentes quant \u00e0 l\u2019\u00e9tendue des recherches d\u00e9montrant ces b\u00e9n\u00e9fices ainsi que les indicateurs mesur\u00e9s.&nbsp;De plus, ce rapport tente d\u2019ordonner les b\u00e9n\u00e9fices de la nature en fonction de la qualit\u00e9 des preuves scientifiques publi\u00e9es \u00e0 ce jour. Pour le lecteur d\u00e9sirant approfondir ses connaissances sur&nbsp;la question, les annexes pr\u00e9sentent une bibliographie dynamique afin de permettre une mise&nbsp;en relation rapide entre les conclusions et les sources premi\u00e8res d\u2019informations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2. M\u00e9thode<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2.1 Recherche de la litt\u00e9rature<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La base de donn\u00e9es MEDLINE\/PubMed a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9e entre septembre et d\u00e9cembre 2020&nbsp;pour identifier les \u00e9tudes scientifiques portant sur les bienfaits de la nature pour la sant\u00e9 humaine. MEDLINE est une base de donn\u00e9es bibliographique en sciences biom\u00e9dicales qui contient plus de 30 millions de r\u00e9f\u00e9rences. Une recherche bool\u00e9enne avec les mots-cl\u00e9s a trouv\u00e9&nbsp;126 articles en langue anglaise et fran\u00e7aise. Une autre interrogation avec le mot-cl\u00e9 \u00ab phytoncides \u00bb a trouv\u00e9 38 articles. Plusieurs autres publications ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans les articles retenus&nbsp;\u00e0 partir de l\u2019interrogation des bases de donn\u00e9es, couvrant les th\u00e8mes plus larges des bienfaits&nbsp;et b\u00e9n\u00e9fices de la nature sur la sant\u00e9, particuli\u00e8rement dans les articles de synth\u00e8se, revues syst\u00e9matiques et m\u00e9ta-analyses publi\u00e9s r\u00e9cemment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les publications ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9es en deux listes selon le type d\u2019\u00e9tude, soient les \u00e9tudes d\u2019observation et les \u00e9tudes d\u2019intervention. Par leur nature, les \u00e9tudes d\u2019intervention g\u00e9n\u00e8rent dans la plupart des cas un niveau de preuve plus \u00e9lev\u00e9 que les \u00e9tudes d\u2019observation, d\u2019o\u00f9 l\u2019utilit\u00e9 de cette classification pour une appr\u00e9ciation g\u00e9n\u00e9rale du niveau de preuve. Dans un deuxi\u00e8me temps, nous avons proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9valuation du niveau de preuve scientifique pour chacune des \u00e9tudes cit\u00e9es et indiqu\u00e9 les bienfaits physiologiques et psychologiques rapport\u00e9s. Les deux listes se retrouvent sous forme de tableaux en annexe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2.2 Appr\u00e9ciation du niveau de preuve scientifique<\/strong><strong><\/strong><br>Le niveau de preuve scientifique a \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019une grille d\u2019\u00e9valuation o\u00f9 l\u2019on distingue quatre niveaux de preuve et trois grades de recommandations. Le tableau 1 pr\u00e9sente la grille d\u2019\u00e9valuation utilis\u00e9e dans ce rapport. Cette grille est largement utilis\u00e9e dans divers domaines de la m\u00e9decine et des sciences de la vie pour l\u2019\u00e9valuation de la qualit\u00e9 de la preuve scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Tableau 1. &nbsp;Niveau de preuve scientifique et grades de recommandation.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><br>3. R\u00e9sultats<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons effectu\u00e9 une revue de la litt\u00e9rature des \u00e9tudes sur les bienfaits de l\u2019interaction avec&nbsp;la nature sur la sant\u00e9 globale. Environ la moiti\u00e9 des \u00e9tudes retenues sont des \u00e9tudes d\u2019observation (voir le tableau 1 en annexe) et l\u2019autre moiti\u00e9 sont des \u00e9tudes d\u2019intervention (voir le tableau 2 en annexe). Par leur nature, le premier type d\u2019\u00e9tudes n\u2019apporte pas un niveau de preuve suffisant pour \u00e9tablir une relation causale, mais des \u00e9tudes d\u2019observation bien men\u00e9es peuvent permettre d\u2019identifier des associations significatives entre l\u2019interaction avec la nature et un bienfait pour la sant\u00e9 (niveau 2 de preuve scientifique, pr\u00e9somption scientifique). Les \u00e9tudes d\u2019intervention dans lesquelles les participants sont assign\u00e9s al\u00e9atoirement \u00e0 diff\u00e9rentes conditions exp\u00e9rimentales, comme une exposition ou une interaction dans un milieu naturel, comparativement \u00e0 un milieu urbain, permettent de mieux documenter les relations causales entre l\u2019exposition \u00e0 la nature et&nbsp;la sant\u00e9. Ce type d\u2019\u00e9tude devrait \u00eatre prioris\u00e9 pour \u00e9tablir une preuve scientifique solide.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un grand nombre d\u2019\u00e9tudes d\u2019intervention ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es au Japon o\u00f9 le \u00ab <em>shinrin-yok<\/em>u (\u68ee\u6797\u6d74) \u00bb, qui se traduit litt\u00e9ralement par \u00ab bain de for\u00eat \u00bb, est devenu une activit\u00e9 populaire pour relaxer et contr\u00f4ler le stress. Le bain de for\u00eat a \u00e9t\u00e9 introduit et promu par l\u2019Agence des for\u00eats du Japon au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, mais ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1990 que&nbsp;les premi\u00e8res \u00e9tudes scientifiques sur les effets physiologiques de ce type d\u2019intervention ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es. Depuis, les chercheurs japonais ont fait de nombreuses \u00e9tudes scientifiques&nbsp;sur les bienfaits du bain de for\u00eat, la plupart \u00e9tant des \u00e9tudes d\u2019interventions bien men\u00e9es, mais g\u00e9n\u00e9ralement aupr\u00e8s d\u2019un nombre peu \u00e9lev\u00e9 de participants. Le fait que la plupart des \u00e9tudes aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es au Japon comporte des risques de biais, on ne peut donc \u00eatre certain&nbsp;que les bienfaits observ\u00e9s au Japon le seront aussi sur les populations d\u2019autres pays. Outre&nbsp;le fait que les Japonais constituent un groupe ethnique distinct et homog\u00e8ne, il y a un possible biais culturel puisque la for\u00eat est consid\u00e9r\u00e9e par les Japonais non seulement comme un lieu&nbsp;de ressourcement par le contact avec la nature, <a href=\"http:\/\/documents.irevues.inist.fr\/bitstream\/handle\/2042\/5122\/563_572.pdf?sequence=1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">mais aussi comme un lieu sacr\u00e9<\/a> qui abrite&nbsp;des divinit\u00e9s (<em>kami<\/em>) et l\u2019\u00e2me de d\u00e9funts, selon les croyances de la religion shinto\u00efste. Il y a donc un r\u00e9el besoin de r\u00e9aliser davantage d\u2019\u00e9tudes en Am\u00e9rique du Nord et en Europe, dans&nbsp;un contexte g\u00e9ographique et ethnique diff\u00e9rent de celui, unique, du Japon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3.1 Bienfaits physiologiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019apr\u00e8s notre \u00e9valuation, les bienfaits physiologiques de l\u2019interaction avec la nature qui sont \u00e9tablis (Grade A, preuve scientifique \u00e9tablie) sont :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>R\u00e9duction de la fr\u00e9quence cardiaque<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>R\u00e9duction de la pression art\u00e9rielle<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Diminution de l\u2019activit\u00e9 nerveuse sympathique<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Augmentation de l\u2019activit\u00e9 nerveuse parasympathique<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>R\u00e9duction des niveaux de cortisol (indicateur de stress)<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une m\u00e9ta-analyse (<a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC5559777\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Ideno et coll., 2017<\/a>) de 20 \u00e9tudes aupr\u00e8s de 732 participants montre que la pression art\u00e9rielle est significativement r\u00e9duite lors d\u2019un court s\u00e9jour en for\u00eat par rapport \u00e0 un environnement non forestier. Selon une m\u00e9ta-analyse de 13 \u00e9tudes aupr\u00e8s de 563 participants, le s\u00e9jour en for\u00eat r\u00e9duit aussi significativement la fr\u00e9quence cardiaque.&nbsp;Ces observations d\u00e9coulent d\u2019un effet sur le syst\u00e8me nerveux autonome. En effet, des \u00e9tudes de bonne qualit\u00e9 montrent que lors d\u2019un s\u00e9jour en for\u00eat, une diminution de l\u2019activit\u00e9 nerveuse sympathique (impliqu\u00e9e dans la r\u00e9ponse au stress) et une augmentation de l\u2019activit\u00e9 nerveuse parasympathique (impliqu\u00e9e dans la relaxation) sont observ\u00e9es chez les participants. Selon une m\u00e9ta-analyse (<a href=\"https:\/\/link.springer.com\/article\/10.1007\/s00484-019-01717-x\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Antonelli et coll., 2019<\/a>) de 8 \u00e9tudes aupr\u00e8s de 99 participants, le niveau&nbsp;de cortisol salivaire est significativement moins \u00e9lev\u00e9 chez les participants apr\u00e8s un s\u00e9jour en for\u00eat par comparaison avec un s\u00e9jour dans un environnement urbain, une autre indication d\u2019une r\u00e9duction du stress physiologique par l\u2019intervention. Le cortisol, une hormone s\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par&nbsp;les glandes corticosurr\u00e9nales, est un r\u00e9gulateur m\u00e9tabolique agissant sur plusieurs organes du corps humain et est impliqu\u00e9 dans la r\u00e9ponse au stress.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3.2 Bienfaits psychologiques<\/strong><strong><\/strong><br>D\u2019apr\u00e8s notre \u00e9valuation, le seul bienfait psychologique de l\u2019interaction avec la nature qui est bien \u00e9tabli (Grade A, preuve scientifique \u00e9tablie) est :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>R\u00e9duction de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une m\u00e9ta-analyse r\u00e9cente (<a href=\"https:\/\/link.springer.com\/article\/10.1007\/s11469-020-00363-4\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Kotera et coll., 2020<\/a>) de 20 \u00e9tudes sur les effets des bains&nbsp;de for\u00eat sur la sant\u00e9 mentale montre une r\u00e9duction significative de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 mesur\u00e9e avant&nbsp;et apr\u00e8s l\u2019intervention. Il y a plusieurs bienfaits psychologiques pr\u00e9sum\u00e9s de l\u2019exp\u00e9rience en for\u00eat, mais avec un niveau de preuve moins \u00e9lev\u00e9 que pour la r\u00e9duction de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 (Grade B, pr\u00e9somption scientifique) :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sensation r\u00e9paratrice (\u00ab <em>perceived restorativeness<\/em> \u00bb)<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Diminution de la d\u00e9pression et d\u2019\u00e9motions n\u00e9gatives<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Am\u00e9lioration de l\u2019humeur<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Augmentation de la vitalit\u00e9, diminution de la fatigue<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certaines \u00e9tudes, consid\u00e9r\u00e9es individuellement, sugg\u00e8rent un effet favorable de la nature sur la d\u00e9pression, mais il s\u2019agit d\u2019un effet beaucoup plus modeste que pour l\u2019anxi\u00e9t\u00e9. Parmi les quelques \u00e9tudes bien men\u00e9es sur l\u2019association entre le contact avec la nature et la d\u00e9pression, il y a cette \u00e9tude australienne (<a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/srep28551\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Shanahan et coll., 2016<\/a>). Le contact des participants avec la nature durant 30 minutes ou plus par semaine \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 une diminution significative de 7 % de la d\u00e9pression par comparaison aux participants qui avaient peu de contact avec la nature, c.-\u00e0-d. de 0 \u00e0 30 minutes par semaine. Cet effet favorable sur la d\u00e9pression augmente avec&nbsp;la dur\u00e9e de l\u2019exposition, jusqu\u2019\u00e0 75 minutes par semaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3.3 Bienfaits cognitifs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a relativement peu d\u2019\u00e9tudes sur les effets de l\u2019interaction avec la nature sur la cognition, mais quelques-unes d\u2019entre elles, bien faites, sugg\u00e8rent des effets favorables sur :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Am\u00e9lioration de la fonction cognitive<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Restauration de l\u2019attention<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>R\u00e9duction de la fatigue mentale et de la confusion<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les \u00e9tudes bien men\u00e9es sur les effets de la nature sur la cognition, il y a celles du groupe de recherche dirig\u00e9 par Marc G. Berman de l\u2019universit\u00e9 de Chicago. Une analyse des donn\u00e9es provenant de 13 exp\u00e9riences, men\u00e9es par ces chercheurs aupr\u00e8s de 528 participants, montre que l\u2019exposition \u00e0 la nature a un effet b\u00e9n\u00e9fique significatif sur la cognition, comparativement \u00e0 l\u2019exposition \u00e0 un milieu urbain (<a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC6616085\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Stenfors et coll., 2019<\/a>). Toutes les \u00e9tudes incluses dans l\u2019analyse utilisaient un protocole de type essai randomis\u00e9 et contr\u00f4l\u00e9 (ERC) et le m\u00eame test cognitif (t\u00e2che d\u2019empan de chiffres invers\u00e9) pour \u00e9valuer les effets sur l\u2019attention et la m\u00e9moire de travail. L\u2019am\u00e9lioration de la performance cognitive \u00e9tait en grande partie ind\u00e9pendante&nbsp;des changements d\u2019affects positifs ou n\u00e9gatifs, ce qui sugg\u00e8re que les m\u00e9canismes d\u2019action impliqu\u00e9s devraient faire l\u2019objet d\u2019investigations futures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/0272494495900012?via%3Dihub\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">th\u00e9orie de la restauration de l\u2019attention<\/a> pr\u00e9dit que l\u2019exposition \u00e0 la nature pourrait mener&nbsp;\u00e0 une am\u00e9lioration de la fonction cognitive. Les m\u00e9ta-analyses les plus r\u00e9centes montrent&nbsp;que la m\u00e9moire de travail, la souplesse cognitive et, \u00e0 un moindre degr\u00e9, le contr\u00f4le attentionnel sont am\u00e9lior\u00e9s apr\u00e8s une exposition \u00e0 un environnement naturel (<a href=\"https:\/\/www.tandfonline.com\/doi\/full\/10.1080\/10937404.2018.1505571?scroll=top&amp;needAccess=true&amp;\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Stevenson et coll., 2018<\/a>).&nbsp;Des \u00e9tudes d\u2019intervention bien contr\u00f4l\u00e9es devront \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es dans l\u2019avenir pour \u00e9tablir scientifiquement que l\u2019interaction avec la nature am\u00e9liore la fonction cognitive. Avec le vieillissement de la population et la hausse d\u2019incidence de d\u00e9clin cognitif associ\u00e9e, il serait important d\u2019\u00e9tablir hors de tout doute cet effet b\u00e9n\u00e9fique sur le fonctionnement du cerveau. Apr\u00e8s la prescription de l\u2019exercice, prescrira-t-on un jour des visites dans la nature pour att\u00e9nuer le d\u00e9clin des fonctions cognitives ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3.4 Autres bienfaits<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019interaction avec la nature a d\u2019autres bienfaits all\u00e9gu\u00e9s au niveau social, spirituel et culturel, mais le niveau de preuve scientifique des publications sur ces aspects peut \u00eatre jug\u00e9 plut\u00f4t faible (Grade C).<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Am\u00e9lioration du bien-\u00eatre spirituel<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Renforcement de la coh\u00e9sion sociale et du soutien social<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Sensibilisation et comportement positif en mati\u00e8re&nbsp;d\u2019environnement et de durabilit\u00e9<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par exemple, une \u00e9tude d\u2019observation r\u00e9alis\u00e9e aux Pays-Bas aupr\u00e8s de 10 089 r\u00e9sidents de ce pays a voulu savoir si les contacts sociaux ne pouvaient pas \u00eatre un des facteurs expliquant les bienfaits de la nature sur la sant\u00e9 per\u00e7ue (<a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/19022699\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Maas et coll., 2009b<\/a>). Apr\u00e8s des ajustements&nbsp;pour prendre en compte les facteurs sociaux \u00e9conomiques et d\u00e9mographiques, les r\u00e9sultats indiquent que les r\u00e9sidents qui vivent dans un environnement o\u00f9 l\u2019on retrouve moins d\u2019espaces verts exp\u00e9rimentent davantage le sentiment de solitude et per\u00e7oivent un manque de soutien social. C\u2019est un aspect int\u00e9ressant, mais des \u00e9tudes d\u2019intervention seront requises pour \u00e9tablir si les contacts sociaux sont un facteur causal de l\u2019effet favorable de la nature sur la sant\u00e9 per\u00e7ue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3.5 Relation dose-r\u00e9ponse de l\u2019exposition \u00e0 la nature<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la lumi\u00e8re des r\u00e9sultats rapport\u00e9s ci-haut, il para\u00eet relativement bien \u00e9tabli que l\u2019exposition&nbsp;\u00e0 la nature puisse engendrer un certain nombre de bienfaits sur la sant\u00e9. Toutefois, plusieurs questions m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre approfondies davantage. Par exemple, quelle est la dur\u00e9e d\u2019exposition \u00e0 la nature optimale pour obtenir des bienfaits pour la sant\u00e9? Existe-t-il une relation dose- r\u00e9ponse entre la quantit\u00e9 (fr\u00e9quence et dur\u00e9e) des s\u00e9jours dans la nature et les bienfaits physiologiques et psychologiques qu\u2019elle procure? Ce sont des questions importantes sur lesquelles relativement peu de chercheurs se sont pench\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s41598-019-44097-3\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">une \u00e9tude<\/a> d\u2019observation r\u00e9alis\u00e9e aupr\u00e8s de 19 806 participants au Royaume-Uni, les personnes qui ont \u00e9t\u00e9 en contact avec la nature \u2265120 minutes chaque semaine ont \u00e9t\u00e9 59 % plus nombreuses \u00e0 d\u00e9clarer \u00eatre en bonne sant\u00e9 et 23 % plus nombreuses \u00e0 ressentir du bien-\u00eatre que les participants qui n\u2019ont eu aucun contact avec la nature. Une exposition \u00e0 la nature de&nbsp;60 \u00e0 90 minutes par semaine n\u2019a pas eu d\u2019effet significatif sur la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre per\u00e7us&nbsp;par les participants. L\u2019association favorable plafonne entre 200 et 300 minutes de contact avec la nature par semaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/srep28551\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00e9tude d\u2019observation australienne<\/a> aupr\u00e8s de 1538 r\u00e9sidents de Brisbane \u00e2g\u00e9s&nbsp;de 18 \u00e0 70 ans, les participants qui ont fait de longs s\u00e9jours dans les espaces verts \u00e9taient significativement moins nombreux \u00e0 souffrir de d\u00e9pression et \u00e0 avoir une pression art\u00e9rielle \u00e9lev\u00e9e. Des niveaux plus \u00e9lev\u00e9s d\u2019activit\u00e9 physique et de perception de la coh\u00e9sion sociale \u00e9taient associ\u00e9s \u00e0 une fr\u00e9quence et une dur\u00e9e plus \u00e9lev\u00e9es des s\u00e9jours dans les espaces verts. L\u2019analyse dose-r\u00e9ponse pour la d\u00e9pression et la pression art\u00e9rielle \u00e9lev\u00e9e sugg\u00e8re que des s\u00e9jours dans les espaces verts de 30 minutes ou plus durant la semaine pourraient r\u00e9duire&nbsp;la pr\u00e9valence de ces maladies dans la population de 7 % et 9 %, respectivement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une <a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC6970969\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">synth\u00e8se exploratoire<\/a> (\u00ab <em>scoping review<\/em> \u00bb) des \u00e9tudes sur la quantit\u00e9 d\u2019expositions \u00e0&nbsp;la nature et les bienfaits pour la sant\u00e9 mentale des coll\u00e9giens (&lt; 20 ans) a recens\u00e9 14 \u00e9tudes (10 au Japon, 3 aux \u00c9tats-Unis et 1 en Su\u00e8de). Par comparaison \u00e0 une exposition d\u2019une dur\u00e9e \u00e9gale dans un milieu urbain, aussi peu que 10 minutes pass\u00e9es assis ou \u00e0 marcher dans un milieu naturel ont eu un impact positif significatif sur des marqueurs physiologiques et psychologiques de la sant\u00e9 mentale des jeunes participants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces \u00e9tudes sont int\u00e9ressantes, mais le niveau de preuve scientifique des deux premi\u00e8res \u00e9tudes d\u2019observation de type transversal est plut\u00f4t faible. Nous sommes d\u2019avis que des \u00e9tudes d\u2019intervention avec des protocoles rigoureux et un nombre suffisant de participants devraient \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es dans l\u2019avenir pour mieux pr\u00e9ciser la relation dose-r\u00e9ponse et ainsi d\u00e9terminer quelle est la dur\u00e9e optimale des s\u00e9jours dans la nature pour obtenir tous les bienfaits pour&nbsp;la sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4. Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4.1 R\u00e9sum\u00e9 des observations<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette revue de la litt\u00e9rature scientifique portant sur les effets de l\u2019exposition ou l\u2019interaction avec un milieu naturel sur la sant\u00e9 globale a permis de d\u00e9gager certaines conclusions. D\u2019abord, les \u00e9tudes scientifiques supportent l\u2019id\u00e9e selon laquelle l\u2019interaction avec la nature favoriserait une r\u00e9duction de la fr\u00e9quence cardiaque et de la pression art\u00e9rielle. Les \u00e9tudes rapportent \u00e9galement une diminution de l\u2019activit\u00e9 nerveuse sympathique et une augmentation de l\u2019activit\u00e9 nerveuse parasympathique, qui joue un r\u00f4le essentiel pour ralentir les fonctions de l\u2019organisme. Les recherches supportent aussi de fa\u00e7on convaincante l\u2019impact de la nature pour diminuer l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et pour r\u00e9duire le taux de cortisol, une hormone connue pour son association avec&nbsp;le stress.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les recherches permettent de tirer des conclusions plus modestes, qui doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es avec plus de prudence quant aux impacts de la nature sur certains autres aspects de la sant\u00e9 psychologique, comme une sensation r\u00e9paratrice (\u00ab <em>perceived restorativeness<\/em> \u00bb), une diminution de la d\u00e9pression et des \u00e9motions n\u00e9gatives, une am\u00e9lioration de l\u2019humeur et une diminution de la fatigue. Une m\u00e9ta-analyse appuie aussi certains bienfaits sur le plan cognitif, notamment sur les performances en m\u00e9moire de travail, une composante de la cognition&nbsp;qui permet de manipuler consciemment l\u2019information \u00e0 court terme. Toutefois, les bienfaits&nbsp;sur la cognition devraient faire l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes plus pouss\u00e9es pour permettre des conclusions plus soutenues.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, les \u00e9tudes publi\u00e9es \u00e0 ce jour appellent \u00e0 la prudence quant aux liens entre les expositions \u00e0 la nature et l\u2019am\u00e9lioration du bien-\u00eatre spirituel, le renforcement de la coh\u00e9sion sociale et du soutien social, ainsi qu\u2019\u00e0 la sensibilisation et aux comportements positifs en mati\u00e8re d\u2019environnement et de durabilit\u00e9. Les recherches sur ces d\u00e9terminants de la sant\u00e9 devront&nbsp;\u00eatre poursuivies pour permettre de tirer des conclusions satisfaisantes au regard des crit\u00e8res scientifiques utilis\u00e9s dans le pr\u00e9sent rapport.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4.2 Une exp\u00e9rience multisensorielle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien que les \u00e9tudes publi\u00e9es \u00e0 ce jour ne permettent pas d\u2019identifier les m\u00e9canismes biologiques impliqu\u00e9s dans la relation entre l\u2019exposition \u00e0 la nature et la sant\u00e9 globale, certaines pistes de recherche peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es. De plus, il semble \u00e9vident que les effets b\u00e9n\u00e9fiques dela nature sur la sant\u00e9 physique et psychologique proviennent vraisemblablement des multiples stimulations sensorielles qui d\u00e9coulent de l\u2019interaction avec les environnements naturels.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par exemple, on a observ\u00e9 qu\u2019un simple contact visuel avec la nature est associ\u00e9 \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S1618866707000416?via%3Dihub\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">plusieurs effets positifs sur la sant\u00e9<\/a>, incluant une diminution de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, une baisse du rythme cardiaque, une r\u00e9duction du stress et m\u00eame une&nbsp;<a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/6143402\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">r\u00e9cup\u00e9ration plus rapide apr\u00e8s une intervention chirurgicale<\/a>. Les couleurs naturelles pourraient contribuer \u00e0 ces effets positifs, puisque le bleu et le vert, qui pr\u00e9dominent dans les environnements naturels, auraient des effets <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.2466\/pms.1975.41.1.207?url_ver=Z39.88-2003&amp;rfr_id=ori%3Arid%3Acrossref.org&amp;rfr_dat=cr_pub++0pubmed&amp;\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">anxiolytiques<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le calme r\u00e9gnant dans la nature pourrait \u00e9galement jouer un r\u00f4le positif, car il est clairement \u00e9tabli que le bruit chronique g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les environnements urbains contribue au stress, \u00e0 une diminution de la qualit\u00e9 du sommeil et \u00e0 une <a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S0735109717419309?via%3Dihub\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">hausse du risque de maladies cardiovasculaires<\/a>.&nbsp;\u00c0 l\u2019inverse, notre physiologie est mieux adapt\u00e9e aux sons \u00e9manant de la nature, comme ceux associ\u00e9s au vent ou aux mouvements de l\u2019eau, et il a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 que ces sons <a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC2872309\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">peuvent r\u00e9duire le stress<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les odeurs de la nature peuvent \u00e9galement induire de puissants effets sur le bien-\u00eatre. Le syst\u00e8me olfactif est \u00e9troitement li\u00e9 au syst\u00e8me limbique, la r\u00e9gion du cerveau impliqu\u00e9e dans les r\u00e9ponses \u00e9motionnelles. Les \u00e9tudes montrent que certaines odeurs naturelles plaisantes (l\u2019air d\u2019\u00e9t\u00e9 ou les parfums des fleurs, par exemple) peuvent effectivement <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/chemse\/article\/33\/5\/441\/411550\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">am\u00e9liorer l\u2019humeur et diminuer l\u2019agressivit\u00e9<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mentionnons aussi qu\u2019en plus de stimuler positivement notre odorat, certaines mol\u00e9cules rel\u00e2ch\u00e9es par la v\u00e9g\u00e9tation peuvent \u00eatre inhal\u00e9es et s\u2019accumuler dans le corps des personnes lors du contact avec la nature, par exemple <a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC4642800\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">lors d\u2019une promenade en for\u00eat<\/a>. C\u2019est notamment le cas des phytoncides, une classe de mol\u00e9cules organiques (monoterp\u00e8nes) fabriqu\u00e9es&nbsp;par les plantes pour se prot\u00e9ger des parasites et des herbivores. Les \u00e9tudes sugg\u00e8rent que l\u2019exposition \u00e0 ces mol\u00e9cules lors d\u2019un s\u00e9jour dans la nature est associ\u00e9e \u00e0 plusieurs effets positifs, notamment une <a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC4642800\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">r\u00e9duction de l\u2019inflammation<\/a> et du <a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC7400660\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">stress oxydatif<\/a>, une <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/039463200902200410?url_ver=Z39.88-2003&amp;rfr_id=ori:rid:crossref.org&amp;rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">diminution des taux d\u2019hormones de stress<\/a> (adr\u00e9naline) ainsi qu\u2019une <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/039463200802100113?url_ver=Z39.88-2003&amp;rfr_id=ori%3Arid%3Acrossref.org&amp;rfr_dat=cr_pub++0pubmed&amp;\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">stimulation du syst\u00e8me immunitaire<\/a>.&nbsp;Ces mol\u00e9cules pourraient donc contribuer \u00e0 la diminution du stress et de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 associ\u00e9e&nbsp;\u00e0 l\u2019exposition aux milieux naturels observ\u00e9e dans plusieurs \u00e9tudes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En somme, les \u00e9tudes publi\u00e9es \u00e0 ce jour permettent d\u2019identifier des effets importants et clairement d\u00e9montr\u00e9s de l\u2019exposition ou de l\u2019interaction avec la nature sur la sant\u00e9, notamment sur plusieurs aspects de la sant\u00e9 physique, ainsi que sur la sant\u00e9 psychologique. Les m\u00e9canismes d\u2019action demeurent \u00e0 ce jour peu connus, et les \u00e9tudes futures permettront assur\u00e9ment de mieux documenter les effets complexes de la nature sur le corps afin de mieux comprendre comment l\u2019exposition au milieu naturel engendre des effets b\u00e9n\u00e9fiques sur la sant\u00e9 physique\u00a0et psychologique. Une meilleure compr\u00e9hension de ces effets permettrait de d\u00e9velopper et d\u2019optimiser des traitements utilisant l\u2019exposition en milieu naturel comme approche th\u00e9rapeutique ou pr\u00e9ventive dans une perspective de sant\u00e9 globale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les bienfaits de la nature pour la sant\u00e9.<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>R\u00e9duction de la fr\u00e9quence cardiaque<\/li>\n\n\n\n<li>R\u00e9duction de la pression art\u00e9rielle<\/li>\n\n\n\n<li>Diminution de l\u2019activit\u00e9 nerveuse sympathique<\/li>\n\n\n\n<li>Augmentation de l\u2019activit\u00e9 nerveuse parasympathique<\/li>\n\n\n\n<li>R\u00e9duction des niveaux de cortisol (indicateur de stress)<\/li>\n\n\n\n<li>R\u00e9duction de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9<\/li>\n\n\n\n<li>Sensation r\u00e9paratrice (\u00ab perceived restorativeness \u00bb)<\/li>\n\n\n\n<li>Diminution de la d\u00e9pression et d\u2019\u00e9motions n\u00e9gatives<\/li>\n\n\n\n<li>Am\u00e9lioration de l\u2019humeur<\/li>\n\n\n\n<li>Augmentation de la vitalit\u00e9, diminution de la fatigue<\/li>\n\n\n\n<li>Am\u00e9lioration de la fonction cognitive<\/li>\n\n\n\n<li>Restauration de l\u2019attention<\/li>\n\n\n\n<li>R\u00e9duction de la fatigue mentale et de la confusion<\/li>\n\n\n\n<li>Am\u00e9lioration du bien-\u00eatre spirituel<\/li>\n\n\n\n<li>Renforcement de la coh\u00e9sion sociale et du soutien social<\/li>\n\n\n\n<li>Sensibilisation et comportement positif en mati\u00e8re\u00a0d\u2019environnement et de durabilit\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Etude et rapport&nbsp; Dr Louis Bherer, Ph. D., Neuropsychologue&nbsp; Institut de cardiologie de Montr\u00e9al)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici un rapport r\u00e9dig\u00e9 pour le compte de la Soci\u00e9t\u00e9 des \u00e9tablissements de plein air du Qu\u00e9bec (S\u00e9paq) sur les bienfaits de la nature sur la sant\u00e9 globale, produit en collaboration avec l\u2019\u00e9quipe de l\u2019Observatoire de la pr\u00e9vention. &nbsp; 1. IntroductionTout au long de son \u00e9volution, l\u2019\u00eatre humain a toujours v\u00e9cu en \u00e9troite symbiose avec [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-100","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack-related-posts":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=100"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":161,"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100\/revisions\/161"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=100"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=100"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=100"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}