{"id":222,"date":"2024-04-11T14:55:53","date_gmt":"2024-04-11T12:55:53","guid":{"rendered":"https:\/\/adpb36.fr\/?p=222"},"modified":"2024-04-11T14:55:53","modified_gmt":"2024-04-11T12:55:53","slug":"le-pollen-reduit-la-sensibilite-des-abeilles-aux-pesticides","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/adpb36.fr\/index.php\/2024\/04\/11\/le-pollen-reduit-la-sensibilite-des-abeilles-aux-pesticides\/","title":{"rendered":"Le pollen r\u00e9duit la sensibilit\u00e9 des abeilles aux pesticides"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De nombreux travaux scientifiques ont montr\u00e9 le r\u00f4le crucial de la nutrition pollinique sur la sant\u00e9 des abeilles mellif\u00e8res (Apis mellifera). La consommation de pollen peut notamment am\u00e9liorer l\u2019immunit\u00e9 et la tol\u00e9rance aux agents pathog\u00e8nes des abeilles. Des chercheurs INRAE ont r\u00e9cemment \u00e9tudi\u00e9 l\u2019influence de la nutrition en pollen sur la sensibilit\u00e9 des abeilles aux pesticides. Ils ont mis en \u00e9vidence que certains pollens ont des effets b\u00e9n\u00e9fiques plus importants que d\u2019autres, ceci \u00e9tant d\u00fb \u00e0 des diff\u00e9rences dans leurs compositions en nutriments et en compos\u00e9s phytochimiques selon les esp\u00e8ces florales.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des pollens qui permettent de mieux tol\u00e9rer un insecticide<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des chercheurs INRAE de l\u2019unit\u00e9 Abeilles et Environnement avec leurs homologues belges, italiens et suisses ont r\u00e9cemment \u00e9valu\u00e9 l\u2019influence de deux m\u00e9langes polliniques (nomm\u00e9s ici pollen 1 et 2) sur la sensibilit\u00e9 des abeilles au sulfoxaflor, un insecticide agissant sur les m\u00eames cibles que les n\u00e9onicotino\u00efdes. Ils ont mis en \u00e9vidence des effets b\u00e9n\u00e9fiques de la consommation de pollen sur la tol\u00e9rance au sulfoxaflor suite \u00e0 une exposition aigu\u00eb (une dose) et \u00e0 des expositions chroniques (abeilles expos\u00e9es au pesticide pendant 10 jours). Notamment, lors de l\u2019exposition chronique, l\u2019alimentation en pollen a permis de diminuer le risque de mortalit\u00e9 des abeilles expos\u00e9es au sulfoxaflor. Si la faible concentration de sulfoxaflor (0,2 \u00b5g\/ml de sirop) a augment\u00e9 par 1,5 le risque de mortalit\u00e9 des abeilles n\u2019ayant pas re\u00e7u de pollen, ce risque est devenu non significatif chez les abeilles ayant consomm\u00e9 du pollen. De m\u00eame, pour la concentration la plus \u00e9lev\u00e9e (2 \u00b5g\/ml de sirop) repr\u00e9sentant un sc\u00e9nario extr\u00eame d\u2019exposition, le risque de mortalit\u00e9 est pass\u00e9 de 12 (pas de pollen) \u00e0 environ 5 (avec pollen). Les chercheurs ont \u00e9galement observ\u00e9 que la capacit\u00e9 des abeilles \u00e0 tol\u00e9rer le pesticide a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e par le type de m\u00e9lange pollinique. En effet, les abeilles nourries avec le pollen 1 ont encore mieux tol\u00e9r\u00e9 le pesticide que celles nourries avec le pollen 2.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un effet \u00ab d\u00e9tox \u00bb des pollens, diff\u00e9rent selon leur composition<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette baisse de toxicit\u00e9 est notamment li\u00e9e aux capacit\u00e9s de d\u00e9toxification des pesticides par les abeilles. Les mesures de r\u00e9sidus de pesticides apr\u00e8s exposition ont montr\u00e9 que la concentration de sulfoxaflor a diminu\u00e9 plus fortement chez les abeilles ayant consomm\u00e9 du pollen, et plus rapidement chez les abeilles nourries avec le pollen 1 par rapport aux abeilles nourries avec le pollen 2. Cette meilleure d\u00e9toxification semble d\u00fb \u00e0 une plus faible concentration de l\u2019acide p-coumarique dans le pollen 1 (637 \u03bcM) que dans le pollen 2 (1491.6 \u03bcM). En effet, de pr\u00e9c\u00e9dents travaux ont montr\u00e9 que des concentrations relativement faibles d\u2019acide p-coumarique ont des effets positifs sur la long\u00e9vit\u00e9 et les capacit\u00e9s de d\u00e9toxification des abeilles, alors que des concentrations \u00e9lev\u00e9es n\u2019ont pas d\u2019effets ou au contraire deviennent toxiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les chercheurs d\u00e9montrent \u00e0 partir des r\u00e9sultats de cette \u00e9tude que la disponibilit\u00e9 et la qualit\u00e9 du pollen facilitent l\u2019\u00e9limination des pesticides dans le corps des abeilles et diminuent leur sensibilit\u00e9 \u00e0 ces compos\u00e9s. Par cons\u00e9quent, la baisse des ressources florales, en quantit\u00e9 et en qualit\u00e9, dans les agrosyst\u00e8mes pourrait augmenter la sensibilit\u00e9 des abeilles aux pesticides, ce qui constitue un argument suppl\u00e9mentaire en faveur de la restauration de la diversit\u00e9 des ressources florales dans ces habitats, afin de prot\u00e9ger les abeilles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Cette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e par le projet europ\u00e9en PoshBee &#8211; Pan-european assessment, monitoring, and mitigation Of Stressors on the Health of BEEs (programme de recherche et d&#8217;innovation Horizon 2020 de l&#8217;Union Europ\u00e9enne).<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong>R\u00e9f\u00e9rence :<\/strong><br>Barascou L., Sen\u00e9 D., Barraud A., Michez D., Lefevre V., Medrzycki P., Di Prisco G., Strobl V., Ya\u00f1ez O., Neumann P., Le conte Y., Alaux C. (2021) Pollen nutrition fosters honeybee tolerance to pesticides. <em>Royal Society Open Science.<\/em> 8: 210818. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1098\/rsos.210818\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/doi.org\/10.1098\/rsos.210818<\/a><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019apprentissage des abeilles perturb\u00e9 par les m\u00e9taux lourds<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors que les produits agrochimiques sont d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9s comme des causes importantes du d\u00e9clin des pollinisateurs, des chercheurs d\u00e9montrent que le plomb ou l&#8217;arsenic, par exemple, affectent les capacit\u00e9s cognitives, et donc de survie, des abeilles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des abeilles d\u00e9sorient\u00e9es, qui perdent l\u2019odorat et ne savent plus vers quelles fleurs se tourner pour butiner\u00a0: les effets des m\u00e9taux lourds sur cet insecte pollinisateur commencent tout juste \u00e0 \u00eatre \u00e9tudi\u00e9s, mais ils s\u2019av\u00e8rent d\u00e9vastateurs. C\u2019est ce qu\u2019a mis en \u00e9vidence une \u00e9quipe de chercheurs conduite par Mathieu Lihoreau, du Centre de recherches sur la cognition animale<a href=\"https:\/\/lejournal.cnrs.fr\/articles\/lapprentissage-des-abeilles-perturbe-par-les-metaux-lourds?utm_source=pocket-newtab-fr-fr#footnote1_nkgjs69\">1<\/a> (CRCA), \u00e0 Toulouse, lors d\u2019une \u00e9tude men\u00e9e dans l\u2019ancienne mine d\u2019or de Salsigne (Aude), dans le massif de la montagne Noire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9gion n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 choisie au hasard&nbsp;: elle est le si\u00e8ge d&#8217;activit\u00e9s mini\u00e8res depuis l\u2019\u00e9poque gallo-romaine, avec une exploitation du fer, de l&#8217;argent et du plomb qui s&#8217;est poursuivie jusqu&#8217;\u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Puis, de son ouverture en 1892 \u00e0 sa fermeture en 2004, la mine de Salsigne a \u00e9t\u00e9 la plus importante mine d&#8217;or d\u2019Europe occidentale. Or, l\u2019or est pr\u00e9sent dans les roches ayant une tr\u00e8s forte concentration en arsenic, un m\u00e9tallo\u00efde, qui est donc extrait en m\u00eame temps que le m\u00e9tal pr\u00e9cieux. Le site est ainsi devenu l\u2019un des plus pollu\u00e9s d\u2019Europe par des m\u00e9taux lourds, et particuli\u00e8rement par l\u2019arsenic. Pour les chercheurs, c\u2019\u00e9tait le lieu tout indiqu\u00e9 pour installer des ruches afin de valider de premiers r\u00e9sultats obtenus en laboratoire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&#8217;incidence d\u00e9l\u00e9t\u00e8re du plomb sur la m\u00e9moire et le d\u00e9veloppement c\u00e9r\u00e9bral<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les travaux men\u00e9s par Coline Monchanin, doctorante au CRCA, avaient mis la puce \u00e0 l\u2019oreille des scientifiques quant aux effets des m\u00e9taux lourds sur la cognition des pollinisateurs. En nourrissant des ruches d\u2019abeilles domestiques avec du nectar contenant de faibles doses de plomb (<a href=\"https:\/\/www.insb.cnrs.fr\/fr\/cnrsinfo\/la-pollution-au-plomb-meme-tres-faible-dose-nuit-lapprentissage-des-abeilles\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">inf\u00e9rieures aux seuils r\u00e9glementaires europ\u00e9ens pour l\u2019environnement)<\/a>, la chercheuse avait en effet montr\u00e9 la moindre capacit\u00e9 des insectes \u00e0 m\u00e9moriser des odeurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La scientifique avait \u00e9galement constat\u00e9 que les abeilles ayant ing\u00e9r\u00e9 du plomb \u00e9taient moins grosses que les abeilles \u00ab&nbsp;contr\u00f4le&nbsp;\u00bb, avec des t\u00eates plus petites, sugg\u00e9rant un effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re sur leur d\u00e9veloppement c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/lejournal.cnrs.fr\/sites\/default\/files\/styles\/asset_image_full\/public\/assets\/images\/schema_72dpi.jpg?resize=664%2C298&#038;ssl=1\" width=\"664\" height=\"298\" alt=\"\u00a9 Coline Monchanin\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;ingestion de plomb par les abeilles r\u00e9duit leurs capacit\u00e9s d\u2019apprentissage. Elle a aussi une incidence sur leur d\u00e9veloppement : les abeilles expos\u00e9es ont une t\u00eate plus petite ! <a href=\"https:\/\/lejournal.cnrs.fr\/articles\/lapprentissage-des-abeilles-perturbe-par-les-metaux-lourds?utm_source=pocket-newtab-fr-fr#image-aid-9035\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Coline Monchanin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a>Partager<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des r\u00e9sultats inqui\u00e9tants, qui soulevaient l\u2019urgence \u00e0 mieux \u00e9valuer la contribution des m\u00e9taux lourds au d\u00e9clin g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 des insectes. \u00ab&nbsp;<em>L<\/em><em>e plomb, l\u2019arsenic, le zinc ou le cadmium sont naturellement pr\u00e9sents autour de nous, <\/em>explique Mathieu Lihoreau. <em>Mais les activit\u00e9s industrielles, particuli\u00e8rement l\u2019exploitation des mines, ont consid\u00e9rablement \u00e9lev\u00e9 leurs concentrations dans l\u2019eau et dans l\u2019air, exposant les populations humaines et animales \u00e0 des doses potentiellement toxiques encore mal \u00e9valu\u00e9es.&nbsp;<\/em>\u00bbSi une eau contamin\u00e9e est puis\u00e9e par les plantes, cette contamination va se retrouver dans le pollen et le nectar dont se nourrissent les abeilles&#8230; L\u2019\u00e9quipe a donc poursuivi ses recherches, en posant \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;2020 des ruches sur le site de l\u2019ancienne mine d\u2019or de Salsigne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des m\u00e9canismes d&#8217;action \u00e0 \u00e9claircir<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les scientifiques ont proc\u00e9d\u00e9 en deux temps. Des ruches ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es sur cinq sites, au centre de la mine et dans un rayon de 11&nbsp;kilom\u00e8tres, dans des zones vari\u00e9es&nbsp;: urbaines, de prairies, de for\u00eats, de cultures. \u00ab&nbsp;<em>Puis nous avons r\u00e9alis\u00e9 des tests comportementaux avec pr\u00e8s de 1&nbsp;000 abeilles<\/em>&nbsp;\u00bb, d\u00e9taille Mathieu Lihoreau. Avec un dispositif bien r\u00f4d\u00e9&nbsp;: plac\u00e9e devant un canon \u00e0 odeurs, l\u2019abeille \u00e9tait confront\u00e9e \u00e0 une odeur associ\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sentation d\u2019une solution sucr\u00e9e sur les antennes. Elle r\u00e9agissait alors en \u00ab&nbsp;tirant la langue&nbsp;\u00bb (ou plut\u00f4t sa trompe, ou \u00ab&nbsp;proboscis\u00bb) pour boire cette r\u00e9compense. Apr\u00e8s un court entra\u00eenement, la pr\u00e9sence de cette seule odeur suffisait \u00e0 d\u00e9clencher l\u2019extension de la trompe. Une heure apr\u00e8s (m\u00e9moire \u00e0 court terme) et 24&nbsp;heures apr\u00e8s (m\u00e9moire \u00e0 long terme), les chercheurs ont pu observer si les abeilles se souvenaient ou non de l\u2019association odeur\/sucre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/lejournal.cnrs.fr\/sites\/default\/files\/styles\/asset_image_full\/public\/assets\/images\/montage1_copie.jpg?resize=664%2C295&#038;ssl=1\" width=\"664\" height=\"295\" alt=\"\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 gauche, une abeille semble \u00ab tirer la langue \u00bb : elle \u00e9tire son proboscis (rouge) en r\u00e9ponse \u00e0 la stimulation olfactive associ\u00e9e \u00e0 la r\u00e9compense sucr\u00e9e. \u00c0 droite, le canon \u00e0 odeur utilis\u00e9 pour ce test peut diffuser huit odeurs diff\u00e9rentes. <a href=\"https:\/\/lejournal.cnrs.fr\/articles\/lapprentissage-des-abeilles-perturbe-par-les-metaux-lourds?utm_source=pocket-newtab-fr-fr#image-aid-9032\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cyril Fr\u00e9sillon \/ CRCA \/ CNRS Images, \u00e0 gauche, et \u00e0 droite \u00a9 Mathieu Lihoreau<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a>Partager<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">R\u00e9sultat\u00a0: les abeilles issues des ruches les plus proches du centre de la mine d\u2019or ont manifest\u00e9, comme pour l\u2019\u00e9tude sur le plomb, des probl\u00e8mes de m\u00e9morisation. Celles collect\u00e9es au plus proche de la mine ont pr\u00e9sent\u00e9 des performances d&#8217;apprentissage olfactif inf\u00e9rieures de 36\u00a0% \u00e0 celles des groupes contr\u00f4les non expos\u00e9s.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab<em>&nbsp;\u00c0 ce stade, on ne comprend pas vraiment ce qui se passe<\/em>, reconna\u00eet Mathieu Lihoreau. <em>Autant pour les n\u00e9onicotino\u00efdes (insecticides utilis\u00e9s pour la protection des cultures), nous connaissons le m\u00e9canisme d\u2019action&nbsp;: ces substances se fixent sur les neurones des insectes, les rendant inactifs. Mais pour les m\u00e9taux lourds, le m\u00e9canisme reste \u00e0 \u00e9tudier, d\u2019autant qu\u2019en conditions environnementales, il existe certainement un effet cocktail entre les diff\u00e9rents m\u00e9taux (arsenic, plomb mais aussi zinc, cadmium, etc.), sans oublier les autres stress auxquels l\u2019insecte peut \u00eatre confront\u00e9&nbsp;\u2013 insecticides ou facteurs climatiques, s\u00e9cheresse notamment.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un labyrinthe pour tester les abeilles en pleine nature<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour aller plus loin, les chercheurs ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019utiliser un nouveau dispositif qui leur permettra d\u2019\u00e9tudier les capacit\u00e9s d\u2019apprentissage, visuel cette fois, des abeilles en libert\u00e9, en pleine nature&nbsp;: un labyrinthe. Imaginez une structure en forme de Y pos\u00e9e au sol. Les abeilles qui choisiront la branche de gauche se verront proposer, par exemple, une couleur associ\u00e9e \u00e0 du sucre. Mais si elles empruntent la branche de droite, elles verront une autre couleur, \u00e0 laquelle aucune r\u00e9compense n\u2019est associ\u00e9e. Marqu\u00e9es avec un code barre, reconnues par une cam\u00e9ra plac\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du labyrinthe, elles pourront s\u2019entra\u00eener pendant des jours et fournir ainsi aux chercheurs des courbes d\u2019apprentissage et de m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/lejournal.cnrs.fr\/sites\/default\/files\/styles\/asset_image_full\/public\/assets\/images\/montage2_copie_2.jpg?resize=664%2C239&#038;ssl=1\" width=\"664\" height=\"239\" alt=\"labyrinthe \u00a9 Mathieu Lihoreau\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 gauche, deux bourdons explorent le labyrinthe utilis\u00e9 par les chercheurs. \u00c0 droite, le dispositif en situation sur le terrain, ici dans le cadre d\u2019une \u00e9tude sur la sant\u00e9 des abeilles \u00e0 Fukushima. <a href=\"https:\/\/lejournal.cnrs.fr\/articles\/lapprentissage-des-abeilles-perturbe-par-les-metaux-lourds?utm_source=pocket-newtab-fr-fr#image-aid-9034\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mathieu Lihoreau<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a>Partager<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces tests permettront ensuite de comparer des abeilles expos\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rentes situations de stress, en les soumettant par exemple \u00e0 des niveaux vari\u00e9s de pesticides, de m\u00e9taux lourds ou encore \u00e0 diff\u00e9rents nutriments. Ils permettront \u00e9galement de tester ces effets sur les abeilles sauvages. \u00ab&nbsp;<em>Nous sommes en train d\u2019\u00e9tablir une preuve de concept de ce syst\u00e8me, <\/em>explique Mathieu Lihoreau.<em> Nous allons le tester sur le site de Fukushima, au Japon, pour \u00e9valuer les effets de la radio-contamination sur des abeilles. Nous avons ensuite pr\u00e9vu de le r\u00e9pliquer sur d\u2019autres sites, notamment en France.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rappelons qu\u2019en pollinisant les plantes \u00e0 fleurs, les butineuses garantissent la reproduction de nombreuses esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales. Pas moins d\u2019un tiers de l\u2019alimentation mondiale d\u00e9pendrait de cette pollinisation&nbsp;:&nbsp;sans abeilles, pas de tomates, de courgettes, de fraises, ni de pommes..<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De nombreux travaux scientifiques ont montr\u00e9 le r\u00f4le crucial de la nutrition pollinique sur la sant\u00e9 des abeilles mellif\u00e8res (Apis mellifera). La consommation de pollen peut notamment am\u00e9liorer l\u2019immunit\u00e9 et la tol\u00e9rance aux agents pathog\u00e8nes des abeilles. 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